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WahidBennani
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Wahid.Bennani : Bonjour maître Sibari. C’est tout un honneur que d’avoir à interviewer un poète et écrivain qui a à son actif douze ouvrages publiés et d’autres sur le point de l’être.
Mohamed.Sibari : Bonjour Mr.Bennani. Vous serez toujours le bienvenu puisque je vous considère comme un collègue.
Wahid.B : C’est beaucoup d’honneur que vous me faites, je vous en remercie. Vous avez publié votre roman El Caballo (Le Cheval) en 1993. Comment avez-vous vécu telle expérience surtout que c’était votre toute première publication ?
Mohamed.Sibari : C’était une bien belle expérience et difficile à la fois étant donné que c’était un défi avec moi-même puisque mon cheval me jetait beaucoup par terre, surtout dans la société de Tanger de l’époque.
Wahid.B : Nous savons qu’il a été adapté pour un long métrage qui n’a pas encore vu le jour. Pourrions-nous en connaître la raison ?
Mohamed.Sibari : Il fut effectivement adapté par le cinéaste Mr. Abdessalam Kelaï et nous ne pûmes arriver à un accord pour des raisons économiques. Mais je crois que nous arriverons bientôt à un accord définitif.
Wahid.B : En fait, il ne s’agit pas de l’histoire d’un cheval, comme le laisserait entendre son titre, mais bien de celle d’un paysan qui est fort comme un cheval. Un personnage réel ou de fiction ?
Mohamed.Sibari : Vous savez mieux que moi que la réalité et la fiction ont toujours chevauché ensemble, c’est-à-dire, qu’elles sont comme un couple depuis les temps d’Homère.
Wahid.B : Une année après vous avez publié votre recueil de poésie Poemas De Larache (Poèmes de Larache) en 1994. C’était aussi votre tout premier recueil. Il vous a fallu combien de temps pour le composer ?
Mohamed.Sibari : Mon premier recueil de poésie était le travail de toute ma jeunesse qui avait commencé à l’institut, à l’université y durant mon instance à Larache y à Tanger où j’avais écrit tous mes poèmes au Journal de Tanger et à La Dépêche de Tanger.
Wahid.B : Certains de vos amis qui suivent depuis longtemps votre itinéraire littéraire avouent être surpris de découvrir dernièrement votre talent de poète. Est-ce dû au fait que ce recueil n’est plus sur le marché du livre ?
Mohamed.Sibari : Effectivement, la première édition de ce livre a été épuisée rapidement.
Wahid.B : Nous savons que vous allez publier très prochainement un autre recueil de poésie dont le titre est Poemas Del Lukus (Poèmes du Lukus) chez l’éditeur Canadien Guy Boulianne. Est-ce un prolongement de l’ancien recueil qui reste introuvable ?
Mohamed.Sibari : Ce sera un livre qui regroupera presque tous mes poèmes. Il sortira dans une paire de semaines au Canada chez l’éditeur Guy Boulianne qui est lui même un grand poète francophone.
Wahid.B : Regulares de Larache (les Réguliers de Larache) fut aussi publié en 1994. J’avoue n’avoir pas réussi à le trouver sur le marché et cela me rappelle les propos de Jorge Barnola lorsqu’il dit que vos ouvrages sont un trésor convoité c’est pourquoi il est impossible de les trouver. La première édition épuisée ?
Mohamed.Sibari : Cette édition est aussi épuisée car il y avait beaucoup d’espagnols et de marocains dans cette armée qui évoque des temps lointains, pleins de souvenirs et de nostalgie en plus de beaucoup de faits véridiques.
Wahid.B : Là, on passe de l’histoire d’un individu pour accéder à celle d’un groupe de militaires, les Réguliers de Larache. Une biographie des amis de votre défunt père ?
Mohamed.Sibari : Pas du tout. Il s’agit de la simple histoire d’une paysanne de Beni-Arous que le temps et les circonstances de la vie ont châtiée sans pitié, sans qu’elle soit coupable de quoi que ce soit.
Wahid.B : Un sujet tout à fait différent va surgir avec Juderia de Tetuan (Juiverie de Tétouan) en 1995, où vous parlez de l’histoire de deux jeunes amoureux , un espagnol et une juive, qui furent séparés pour des raisons religieuses. Quelles furent les raisons pour le choix d’un tel thème ?
Mohamed.Sibari : Dans les romans « Regulares de Larache » et « Juderia de Tétouan », j’ai essayé avec deux simples histoires d’amour de faire parvenir aux jeunes d’aujourd’hui un peu d’histoire du nord du Maroc durant le protectorat espagnol, et surtout, la coexistence et la tolérance entre les juifs, chrétiens et musulmans des trois religions monothéistes où on ne connaissait, à cette époque là, ni le racisme, ni la xénophobie ni le terrorisme.
Wahid.B : De Tétouan nous allons à Chaouen avec la publication de La Rosa de Xauen (La Rose de Chaouen) en 1996. Là, il n’est pas question d’une histoire d’amour, mais bien des mésaventures qui peuvent survenir dans la vie d’un couple d’émigrés. La laideur de la beauté, surtout que l’héroïne était réellement une Rose ?
Mohamed.Sibari : Il existe dans le dialecte marocain un dicton qui dit : « Celui qui va ou réside dans une Médina doit communier avec ses habitants », mais ces deux personnages avaient oublié leur culture, leur société et leurs coutumes et à la fin n’arrivèrent à communier avec aucune des deux sociétés.
Wahid.B : Les contes vont survenir en 1998 avec « Cuentos de Larache » (Les Contes de Larache) ouvrage qui a été réédité une deuxième fois. C’est parce que les contes réussissent mieux que les romans ?
Mohamed.Sibari : J’ai toujours voulu toucher les trois genres littéraires, c’est-à-dire, le roman, le conte et la poésie. Je pense éditer une troisième édition puisque ce livre est très sollicité par les librairies de l’Espagne et du Maroc.
Wahid.B : Avec Sidi Baba publié en 1999, nous obtenons un carré parfait Tanger avec « El Caballo », Larache avec « Regulares de Larache » ; Tétouan avec « Juderia de Tetuan » ; Chaouen avec « La Rosa de Xauen » et finalement Asilah avec « Sidi Baba ». Etait-ce cela votre intention ?
Mohamed.Sibari : Ce n’était nullement mon intention. C’est juste parce que je suis du nord du Maroc et que je connais parfaitement les sociétés, cultures et coutumes de ces villes que j’ai pu écrire sans me tromper des endroits, anecdotes ou faits passés de cette région de mon pays.
Wahid.B : Les années 2000,2001 et 2002 vont être celles des histoires puisque vous n’avez écrit que des histoires : « Histoires des Hespérides », « Histoires du Hammam » et « Brochettes et divorces ».
Mohamed.Sibari : Oui, ce sont des histoires des coutumes de la société et modus vivendi marocains. J’avoue qu’il me manque encore beaucoup à écrire sur ce thème.
Wahid.B : « El Babuchazo » (Coup de Babouche) sera publié en 2005, c’est-à-dire, trois ans après votre dernière histoire. En suivant la chronologie de vos publication on se rend compte que vous n’aviez raté que l’année 1997 depuis que vous avez commencé à publier. Mai là, cela fait tout de même trois ans.
Mohamed.Sibari : Il existe un proverbe qui dit : « Point de mal qui dure cent ans » et un monsieur avait répondu : « Ni corps qui le supporte». En résumé, il faut se reposer de temps en temps.
Wahid.B : Le tout nouvel ouvrage intitulé de « Larache al cielo » (De Larache au ciel » a été édité en espagnol en 2006 et traduit vers le français. Il sera à la fois édité chez Mille Poètes au Canada et au Maroc, en version française. Une ouverture sur le monde francophone ?
Mohamed.Sibari : Effectivement, c’est une ouverture sur les lecteurs de la francophonie puisque maintes librairies et plusieurs lecteurs et amis me l’ont demandé.
Wahid.B : Nous savons que vous avez plusieurs prix à votre actif et notamment le prestigieux prix de Pablo Neruda 2004. Comment avez-vous reçu la nouvelle lors de votre nomination ?
Mohamed.Sibari : Ce fut une joie immense et franchement je ne m’y attendais pas. Ce fut Mr l’ambassadeur de la république de Chili Don Alejandro Carvajal qui m’annonça l’heureux événement par téléphone.
Wahid.B : La Croix Officielle du Mérite Civil vous sera remise lors de l’hommage qu’on vous fera lors de la clôture des IV Journées de la Littérature Marocaine d’Expression Espagnole, par le Consul général d’Espagne, le 24 février prochain. Que représente cet hommage, pour vous ?
Mohamed.Sibari : C’est et ce sera le jour le plus heureux de ma vie puisque cette décoration n’est pas seulement pour Sibari mais pour tous les marocains hispanophones depuis Tanger jusqu’à Dakhla. Personnellement, j’ai toujours senti un grand respect et admiration pour SM Juan Carlos I, Roi d’Espagne et la famille Royale ainsi que pour le peuple espagnol, spécialement pour Coruna et Galicia où on m’a sauvé la vie.
Wahid.B : Il existe au Maroc un organisme du nom de l’Union des Ecrivains Marocains. Cela donne l’impression qu’elle réunit tous les écrivains marocains. Mais on voit bien que d’autres Unions ou Associations ont vu le jour des années après la création de celle-ci. Vous êtes, vous mêmes, Vice Président de l’A.E.M.L.E. (Association des Ecrivains Marocains de Langue Espagnole). Ne dit-on pas que l’Union fait la force ?
Mohamed.Sibari : Nous sommes très bien dans notre association. Il existe des hispanisants dans tout le pays jusqu’à dans les endroits les plus éloignés où nous avons les membres de notre association. Je crois qu’il serait mieux d’avoir des associations de toutes les langues, c’est-à-dire, en espagnol, en français, en anglais…et ne point confondre, évidement, la littérature et la politique comme le font malheureusement certains de nos ministres…
Wahid.B : Et si nous parliez un peu de votre Association ?
Mohamed.Sibari: L’AEMLE est née grâce à l’initiative d’un groupe d’amis –tous écrivains d’expression espagnole- au mois de septembre 1997. L’Association a commencé à travailler avec cinq membres. De nos jours, ses mùembres dépassent le nombre de quatre cent. Il faut savoir que l’AEMLE est la première Association des écrivains en langue espagnole du Maroc, du monde Arabe et d’Afrique. Elle a pour objectifs de maintenir les échanges culturelles avec des gens actifs qui acceptent de travailler en groupe. A signaler que l’AEMLE a organisé le Premier Prix de Poésie qui a eu lieu à Larache.
Archivo Sibari el dia de su condecorazion de la Cruz del merito civil de Juan Carlos I, Rey de espagna et 24 02 2007.jpg (269.73 KB; 1024X768 px)

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